Georg Philipp Telemann
Concerto pour alto
Allegro, Andante, Presto
Le Concerto pour alto en sol majeur de Telemann (TWV 51:G9) est l'une des œuvres les plus importantes du répertoire pour alto. Composé vers 1715-1720, il est remarquable car à l'époque, l'alto était rarement traité en soliste.
C'est une œuvre de style baroque tardif, influencée à la fois par le concerto grosso italien (Vivaldi) et la tradition polyphonique allemande. Le solo y est traité avec une grande virtuosité, explorant les registres graves et aigus de l'alto. L'Andante est particulièrement apprécié pour sa profondeur expressive, qualité rare pour un instrument souvent cantonné aux voix intermédiaires.
Antonio Vivaldi
Les Quatre Saisons
Concerto n° 1 en mi majeur, op. 8, RV 269, « La primavera » (Le Printemps) Allegro, en mi majeur
Largo, en do dièse mineur
Allegro, en mi majeur
Voici le Printemps, que les oiseaux saluent d’un chant joyeux.
Et les fontaines, au souffle des zéphyrs, jaillissent en un doux murmure.
Ils viennent, couvrant l’air d’un manteau noir, le tonnerre et l’éclairs, messagers de l’orage.
Enfin, le calme revenu, les oisillons reprennent leur chant mélodieux.
Et sur le pré fleuri et tendre, au doux murmure du feuillage et des herbes, dort le chevrier, son chien fidèle à ses pieds.
Au son festif de la musette dansent les nymphes et les bergers, sous le brillant firmament du printemps.
Concerto n° 2 en sol mineur, op. 8, RV 315, « L'estate » (L'Été)
Allegro non molto -Allegro, en sol mineur
Adagio -Presto -Adagio, en sol mineur
Presto, en sol mineur
Sous la dure saison écrasée de soleil se languit l’homme, se languit le troupeau et s’embrase le pin.
Le coucou se fait entendre, et bientôt, d’une seule voix, chantent la Tourterelle et le Chardonneret.
Zéphyr souffle doucement, mais, tout à coup, Borée s’agite et cherche querelle à son voisin.
Le pâtre s’afflige, car il craint l’orage furieux, et son destin.
A ses membres las, le repos est refusé par la crainte des éclairs et du fier tonnerre, et par l’essaim furieux des mouches et des taons.
Ah, ses craintes n’étaient que trop vraies, le ciel tonne et fulmine et la grêle coupe les têtes des épis et des tiges.
Concerto n° 3 en fa majeur, op. 8, RV 293, « L'autunno » (L'Automne)
Allegro, en fa majeur
Adagio molto, en ré mineur
Allegro, en fa majeur
Par des chants et par des danses, le paysan célèbre l’heureuse récolte et la liqueur de Bacchus conclut la joie par le sommeil.
Chacun délaisse chants et danses : l’air est léger à plaisir, et la saison invite à la douceur du sommeil.
Les chasseurs partent pour la chasse aux premières lueurs de l’aube, avec les cors, les fusils et les chiens. La bête fuit, et ils la suivent à la trace.
Déjà emplie de frayeur, fatiguée par les fracas des armes et des chiens, elle tente de fuir, exténuée, mais meurt sous les coups.
Concerto n° 4 en fa mineur, op. 8, RV 297, « L'inverno » (L'Hiver)
Allegro non molto en fa mineur
Largo, en mi bémol majeur
Allegro en fa mineur
Trembler violemment dans la neige étincelante, au souffle rude d’un vent terrible, courir, taper des pieds à tout moment et, dans l’excessive froidure, claquer des dents ; Passer auprès du feu des jours calmes et contents, alors que la pluie, dehors, verse à torrents ; marcher sur la glace, à pas lents, de peur de tomber, contourner.
Marcher bravement, tomber à terre, se relever sur la glace et courir vite avant que le glace se rompe et se disloque.
Sentir passer, à travers le porte ferrée, Sirocco et Borée, et tous les Vents en guerre. Ainsi est l’hiver, mais, tel qu’il est, il apporte ses joies.
Composées vers 1720 et publiées en 1725 dans le recueil Il cimento dell'armonia e dell'inventione op. 8, les Quatre Saisons sont quatre concertos pour violon solo, cordes et basse continue. C'est l'œuvre baroque la plus jouée et la plus enregistrée au monde
Chaque concerto est accompagné d'un sonnet — probablement écrit par Vivaldi lui-même — et la musique illustre le texte de façon très précise, presque programmatique. C'est rare pour l'époque : Vivaldi invente ici une forme de musique à programme deux siècles avant Berlioz ou Strauss.
Les partitions comportent même des annotations dans la marge (« l'oiseau qui chante », « le chien qui aboie », « la glace qui craque ») pour que les musiciens sachent exactement ce qu'ils illustrent.
Antonio Vivaldi (1678–1741), surnommé il Prete Rosso (le Prêtre Roux) pour sa chevelure flamboyante, était violoniste virtuose et prêtre ordonné — bien qu'il n'ait quasiment jamais célébré la messe, prétextant des problèmes de santé. Il a composé plus de 500 concertos, une quarantaine d'opéras, et une quantité considérable de musique sacrée. Il mourut dans la pauvreté à Vienne en 1741, presque oublié — et ne fut redécouvert qu'au XXe siècle, notamment grâce à Bach, qui avait transcrit plusieurs de ses concertos.
Piotr Ilyitch Tchaïkovski
Trio élégiaque pour piano, alto et violoncelle
Wolfgang Amadeus Mozart
Quatuor pour flûte – deuxième mouvement et finale
Giuseppe Verdi
La Traviata – air pour flûte et piano
Sergueï Rachmaninov
Vocalise pour flûte et piano
Wolfgang Amadeus Mozart
Concerto n° 23 K. 488 – finale
Johann Sebastian
Bach Prélude de la 1ʳᵉ Suite pour violoncelle seul
Erik Satie
Gymnopédie
Joe Hisaishi (compositeur) / Hayao Miyazaki (réalisateur)
Le Château ambulant
Etsuko Hirose Rose Lenert piano
Nathan Mierdl, Madeleine Athané Best violons
Pierre Lenert Cécile Leblond altos
Julie Sevilla violoncelle
Franz Liszt
Liebestraum n° 3 (Rêve d'amour)
Frédéric Chopin
Scherzo n° 2 op. 31
Johannes Brahms
Danses hongroises n° 1 et n° 5
Modeste Moussorgski
Tableaux d'une exposition
Franz Schubert
Quatuor n° 14 en ré mineur « La Jeune Fille et la Mort »
I. Allegro II. Andante con moto III. Scherzo – Allegro molto – Trio IV. Presto
L'œuvre et son titre
Le titre vient d'un lied que Schubert avait composé en 1817, Der Tod und das Mädchen (D. 531), sur un poème de Matthias Claudius. Le dialogue y est saisissant : la jeune fille supplie la Mort de l'épargner, et la Mort lui répond avec une douceur terrifiante qu'elle vient comme amie, pour la bercer dans ses bras. Schubert reprend le thème de ce lied dans le deuxième mouvement du quatuor, en variations.
Schubert écrit cette œuvre en 1824, à 27 ans. Il est alors gravement malade — il a contracté la syphilis deux ans plus tôt — et traverse une période de profonde noirceur. Dans une lettre célèbre, il écrit : « Je me sens le plus malheureux, le plus misérable du monde. » Ce quatuor est souvent lu comme une méditation personnelle sur la mort, même si Schubert ne l'a jamais publié de son vivant. Il mourra quatre ans plus tard, à 31 ans.
Johannes Brahms
Quintette à cordes n° 2 en sol majeur op. 111
I. Allegro non troppo, ma con brio II. Adagio III. Un poco allegretto IV. Vivace, ma non troppo
Brahms compose ce quintette en 1890, à 57 ans. Ce qui en fait une œuvre singulière, c'est qu'il la considérait comme son œuvre d'adieu. Il avait alors décidé de cesser de composer — il l'avait même annoncé publiquement à ses proches. Et puis la rencontre avec le clarinettiste Richard Mühlfeld en 1891 le fit changer d'avis, donnant naissance aux grandes œuvres pour clarinette. Mais le quintette op. 111 reste marqué par cette intention testamentaire.
Ce quintette est souvent éclipsé par le premier (op. 18) ou par les quintettes avec clarinette et piano. C'est une injustice — op. 111 est peut-être le plus accompli des deux quintettes à cordes, et certainement l'un des sommets du répertoire de chambre de la seconde moitié du XIXe siècle.
