Festival Sérénade 2025

Direction artistique:                                  Pierre Lenert - Cécile Leblond


 22 ans

du Festival Sérénade 

 

Le 6 aout 20h30                  Notre-Dame de Surgères

« Concert d’ouverture »

Georg Philipp Telemann

Concerto pour alto

 

Allegro, Andante, Presto

 

Le Concerto pour alto en sol majeur de Telemann (TWV 51:G9) est l'une des œuvres les plus importantes du répertoire pour alto. Composé vers 1715-1720, il est remarquable car à l'époque, l'alto était rarement traité en soliste.

 

C'est une œuvre de style baroque tardif, influencée à la fois par le concerto grosso italien (Vivaldi) et la tradition polyphonique allemande. Le solo y est traité avec une grande virtuosité, explorant les registres graves et aigus de l'alto. L'Andante est particulièrement apprécié pour sa profondeur expressive, qualité rare pour un instrument souvent cantonné aux voix intermédiaires.

 


Antonio Vivaldi

Les Quatre Saisons

 

Concerto n° 1 en mi majeur, op. 8, RV 269, « La primavera » (Le Printemps) Allegro, en mi majeur

Largo, en do dièse mineur

Allegro, en mi majeur

 

Voici le Printemps, que les oiseaux saluent d’un chant joyeux.

Et les fontaines, au souffle des zéphyrs, jaillissent en un doux murmure.

Ils viennent, couvrant l’air d’un manteau noir, le tonnerre et l’éclairs, messagers de l’orage.

Enfin, le calme revenu, les oisillons reprennent leur chant mélodieux.

Et sur le pré fleuri et tendre, au doux murmure du feuillage et des herbes, dort le chevrier, son chien fidèle à ses pieds.

Au son festif de la musette dansent les nymphes et les bergers, sous le brillant firmament du printemps.


Concerto n° 2 en sol mineur, op. 8, RV 315, « L'estate » (L'Été)

Allegro non molto -Allegro, en sol mineur

Adagio -Presto -Adagio, en sol mineur

Presto, en sol mineur

 

Sous la dure saison écrasée de soleil se languit l’homme, se languit le troupeau et s’embrase le pin.

Le coucou se fait entendre, et bientôt, d’une seule voix, chantent la Tourterelle et le Chardonneret.

Zéphyr souffle doucement, mais, tout à coup, Borée s’agite et cherche querelle à son voisin.

Le pâtre s’afflige, car il craint l’orage furieux, et son destin.

A ses membres las, le repos est refusé par la crainte des éclairs et du fier tonnerre, et par l’essaim furieux des mouches et des taons.

Ah, ses craintes n’étaient que trop vraies, le ciel tonne et fulmine et la grêle coupe les têtes des épis et des tiges.


Concerto n° 3 en fa majeur, op. 8, RV 293, « L'autunno » (L'Automne)

Allegro, en fa majeur

Adagio molto, en ré mineur

Allegro, en fa majeur

 

Par des chants et par des danses, le paysan célèbre l’heureuse récolte et la liqueur de Bacchus conclut la joie par le sommeil.

Chacun délaisse chants et danses : l’air est léger à plaisir, et la saison invite à la douceur du sommeil.

Les chasseurs partent pour la chasse aux premières lueurs de l’aube, avec les cors, les fusils et les chiens. La bête fuit, et ils la suivent à la trace.

Déjà emplie de frayeur, fatiguée par les fracas des armes et des chiens, elle tente de fuir, exténuée, mais meurt sous les coups.


Concerto n° 4 en fa mineur, op. 8, RV 297, « L'inverno » (L'Hiver)

Allegro non molto en fa mineur

Largo, en mi bémol majeur

Allegro en fa mineur

Trembler violemment dans la neige étincelante, au souffle rude d’un vent terrible, courir, taper des pieds à tout moment et, dans l’excessive froidure, claquer des dents ; Passer auprès du feu des jours calmes et contents, alors que la pluie, dehors, verse à torrents ; marcher sur la glace, à pas lents, de peur de tomber, contourner.

Marcher bravement, tomber à terre, se relever sur la glace et courir vite avant que le glace se rompe et se disloque.

Sentir passer, à travers le porte ferrée, Sirocco et Borée, et tous les Vents en guerre. Ainsi est l’hiver, mais, tel qu’il est, il apporte ses joies.


Les Quatre Saisons — Vivaldi

L'œuvre

Composées vers 1720 et publiées en 1725 dans le recueil Il cimento dell'armonia e dell'inventione op. 8, les Quatre Saisons sont quatre concertos pour violon solo, cordes et basse continue. C'est l'œuvre baroque la plus jouée et la plus enregistrée au monde

 

Ce qui les rend uniques pour l'époque

Chaque concerto est accompagné d'un sonnet — probablement écrit par Vivaldi lui-même — et la musique illustre le texte de façon très précise, presque programmatique. C'est rare pour l'époque : Vivaldi invente ici une forme de musique à programme deux siècles avant Berlioz ou Strauss.

Les partitions comportent même des annotations dans la marge (« l'oiseau qui chante », « le chien qui aboie », « la glace qui craque ») pour que les musiciens sachent exactement ce qu'ils illustrent.

 

Un mot sur Vivaldi

Antonio Vivaldi (1678–1741), surnommé il Prete Rosso (le Prêtre Roux) pour sa chevelure flamboyante, était violoniste virtuose et prêtre ordonné — bien qu'il n'ait quasiment jamais célébré la messe, prétextant des problèmes de santé. Il a composé plus de 500 concertos, une quarantaine d'opéras, et une quantité considérable de musique sacrée. Il mourut dans la pauvreté à Vienne en 1741, presque oublié — et ne fut redécouvert qu'au XXe siècle, notamment grâce à Bach, qui avait transcrit plusieurs de ses concertos.

 


Le 7 août 17h15                    Parc du Château

« Sérénade »

 

Piotr Ilyitch Tchaïkovski

Trio élégiaque pour piano, alto et violoncelle

 

Wolfgang Amadeus Mozart

Quatuor pour flûte – deuxième mouvement et finale

 

Giuseppe Verdi

La Traviata – air pour flûte et piano

 

Sergueï Rachmaninov

Vocalise pour flûte et piano

         

Wolfgang Amadeus Mozart

Concerto n° 23 K. 488 – finale

 

Johann Sebastian

Bach Prélude de la 1ʳᵉ Suite pour violoncelle seul

 

Erik Satie

Gymnopédie

 

Joe Hisaishi (compositeur) / Hayao Miyazaki (réalisateur)

Le Château ambulant

 

 

Etsuko Hirose Rose Lenert piano

Nathan Mierdl, Madeleine Athané Best violons

Pierre Lenert Cécile Leblond altos

Julie Sevilla violoncelle 

 


Le 7 août 21h15,                Notre-Dame de Surgères

« Nocturne »

 

Franz Liszt

Liebestraum n° 3 (Rêve d'amour)

 

Frédéric Chopin

Scherzo n° 2 op. 31

 

Johannes Brahms

Danses hongroises n° 1 et n° 5

 

Modeste Moussorgski

Tableaux d'une exposition

 

 

Etsuko Hirose piano

 


Le 8 Août 20h30                 Notre Dame de Surgères

« Concert de clôture »

Franz Schubert

Quatuor n° 14 en ré mineur « La Jeune Fille et la Mort »

I. Allegro II. Andante con moto III. Scherzo – Allegro molto – Trio IV. Presto

L'œuvre et son titre

Le titre vient d'un lied que Schubert avait composé en 1817, Der Tod und das Mädchen (D. 531), sur un poème de Matthias Claudius. Le dialogue y est saisissant : la jeune fille supplie la Mort de l'épargner, et la Mort lui répond avec une douceur terrifiante qu'elle vient comme amie, pour la bercer dans ses bras. Schubert reprend le thème de ce lied dans le deuxième mouvement du quatuor, en variations.

Le contexte de composition

Schubert écrit cette œuvre en 1824, à 27 ans. Il est alors gravement malade — il a contracté la syphilis deux ans plus tôt — et traverse une période de profonde noirceur. Dans une lettre célèbre, il écrit : « Je me sens le plus malheureux, le plus misérable du monde. » Ce quatuor est souvent lu comme une méditation personnelle sur la mort, même si Schubert ne l'a jamais publié de son vivant. Il mourra quatre ans plus tard, à 31 ans.


 Johannes Brahms

Quintette à cordes n° 2 en sol majeur op. 111

I. Allegro non troppo, ma con brio II. Adagio III. Un poco allegretto IV. Vivace, ma non troppo

L'œuvre et son contexte

Brahms compose ce quintette en 1890, à 57 ans. Ce qui en fait une œuvre singulière, c'est qu'il la considérait comme son œuvre d'adieu. Il avait alors décidé de cesser de composer — il l'avait même annoncé publiquement à ses proches. Et puis la rencontre avec le clarinettiste Richard Mühlfeld en 1891 le fit changer d'avis, donnant naissance aux grandes œuvres pour clarinette. Mais le quintette op. 111 reste marqué par cette intention testamentaire.

 

Dans le répertoire

Ce quintette est souvent éclipsé par le premier (op. 18) ou par les quintettes avec clarinette et piano. C'est une injustice — op. 111 est peut-être le plus accompli des deux quintettes à cordes, et certainement l'un des sommets du répertoire de chambre de la seconde moitié du XIXe siècle.